Flaubert dans la ville

Jennifer MacKay et ses « Humeurs »

Jennifer MacKay (http://majane.canalblog.com/) et ses « Humeurs »

Diplômée d’arts plastiques, Jennifer MacKay travaille sur la prise de conscience entre le réel et le rêve. De 2010 à 2013, elle a permis au public de découvrir « ses pages d’écriture » dans un ancien salon de toilettage pour chien, rue Beauvoisine à Rouen. Elle l’accueille désormais au 160, rue Beauvoisine, pour de nouvelles expérimentations plastiques. Son processus de création est comme une bobine de fil qu’elle déroule, un détail en amenant un autre, un matériau une nouvelle installation.
« Son laboratoire d’humeur et de larmes » né de la collecte d’ex-voto, expressions d’une multitude de sensations physiques et psychiques présente des installations rattachant des objets médicaux à la mystique du corps et de l’âme. Il prendra place au Musée Flaubert mais également dans la rue.

 
 

« Laboratoire d’humeurs et de larmes » au Musée Flaubert et d’histoire de la médecine.

« Mais je vivrai comme je vis, toujours souffrant des nerfs, cette porte de transmission entre l’âme et le corps, par laquelle j’ai voulu peut-être faire passer trop de choses. »

À Louise Colet, décembre 1847

Peut-on oublier que Flaubert est né à l’Hôtel-Dieu, entouré d’un père chirurgien et d’un grand frère qui prendra la succession paternelle ? Comment vit-on alors que, derrière certaines portes, se trouvent des malades en cours de traitement ou d’autres en fin de vie ? Comment se cristallise la mémoire quand les terrains de jeux de l’enfance peuvent être des laboratoires d’expérimentation médicale ?
La correspondance de Flaubert est sans conteste une trame de réflexion. N’a-t-il pas appliqué des méthodes très descriptives qui peuvent se rapprocher du travail d’un scientifique, l’observation sous tous les angles de ses personnages, la dissection de la pensée ou du comportement, du milieu social ?
Par ses lettres, on entre dans son processus de création, la source, les doutes et les répercussions tant psychologiques que physiques, la mise en lumière de cet état de conscience, du ressenti.
Le « Laboratoire d’humeurs et de larmes », au commencement était mien : mon ressenti, prenant sa cohérence dans mes accumulations d’objets médicaux et en les rattachant à une mystique du corps et de l’âme. En me penchant sur la correspondance de Flaubert, très riche, j’ai retrouvé les états d’âme ressentis lors des phases créatives que connaît tout artiste ainsi que les doutes, la douleur au point culminant de l’angoisse face à l’incapacité de créer.
« Le Laboratoire » est polymorphe. Il s’adapte et évolue comme un carnet intime garde l’inscription des états de l’âme dans un temps donné par son auteur. Ici, j’aimerais permettre au public de s’approprier la sensibilité de l’homme telle que je l’imagine.
Pour ce faire, j’utilise mes propres éléments, ou éventuellement j’arrange des pièces du musée déjà présentes, en les détournant et leur donnant un étiquetage plus sensitif.
N’étant pas historienne, loin de moi est l’idée d’avancer de nouvelles théories sur l’état nerveux de Flaubert. Bien au contraire, il me sert de prétexte pour mettre en exergue « les déferlements de son imagination dans son état second » (Dr Fortin).

Laboratoire d'Humeurs et de Larmes – Lexique

« Pour moi, j’ai un exutoire (comme on dit en médecine). Le papier est là, et je me soulage. Mais l’humidité de mes humeurs peut filtrer au-dehors et, à la longue, faire mal. » À Louise Colet, 1er juin 1853.

1. Ponctionneur d’Humeurs : Outil de prélèvement, 1re étape du processus. Cf. Inoculateur et Engraineur.

2. Inoculateur d’Humeurs : Outil permettant l’introduction de l’humeur directement dans l’esprit.

3. Engraineur : Suite à l’inoculation, permet la germination. Bien stériliser la zone à alimenter pour conserver l’intégrité de l’extrait et le développement de l’idée. Cf. Faisceaux d’Hysope.

4. Pince anti-scrupules : (du latin scrupulum : petit caillou) outil permettant l’ablation des inquiétudes de conscience ou hésitations inspirées par une trop grande délicatesse morale.

5. Occulteur de doutes : outil permettant l’extraction de la vérité sous toute sorte de couches d’incertitude.

6. Cureteur de Larmes Occultées : la meilleure explication réside peut-être dans un passage retrouvé dans un courrier adressé à M. Du Camp en 1846 :
« Et moi j’ai les yeux secs comme du marbre. C’est étrange, autant je me sens expansif, fluide, abondant et débordant dans les douleurs fictives, autant les vraies restent dans mon cœur âcres, dures ; elles s’y cristallisent à mesure qu’elles y viennent. »

7. Ligateur spécial « Liens Néfastes » : Malheureusement nous ne savons pas s’ils ont toujours utilisés à bon escient ?

8. Pulsateur sous globe : Outil agissant sur les interactions entre l’humain, l’humeur et la machine : l’humeur délicate est trait tout en douceur. La traite est rapide, confortable et efficace. Cf. Ponctionneur.

9. Faisceaux d’hysope (de différents calibres) : À utiliser de préférence avec l’inoculateur, ont pour fonction de purifier instantanément l’humeur prélevée, de la clarifier pour une bonne retranscription idiomatique.

10. Illuminateur : Comme son nom l’indique, donne un vif éclat, éclaire. À utiliser avec les Humeurs maussade, massacrante, difficile et trouble en éclairant la zone la plus sombre pour en retirer toute la quintessence et permettre une parfaite extraction de l’idée ; attention à ne pas dépasser le temps de l’illumination pour éviter de tomber dans l’aveuglement.

11. Récepteur spécial « sang d’encre » : Est-il nécessaire de vous faire un dessin ?

12. Flacons d’Extraits ainsi dénommés :
Mélodramatique / Maussade / Vagabonde / Massacrante / Boudeuse / Euphorique / Trouble / Maligne / Aqueuse / Difficile.
Reliquats retrouvés dans les dons fait par la nièce de Flaubert. Tout porte à croire qu’ils ont été utilisés.

13. Encreurs Empathiques : transcripteurs intuitifs de l’état premier de l’humeur aux mots. Souvent trempés dans un ou plusieurs extraits d’humeurs, ils permettaient la retranscription sur papier en mots, phrases et chapitres, des tours et détours d’un état psychologique. Il est à noter qu’une trop grande utilisation contamine souvent l’auteur par capillarité ou frottement des doigts au visage… Un débordement d’humeurs épistolaires, par exemple.

14. Récepteur Grand Modèle (Torrent de larmes) : Tout porte à croire qu’il n’aurait été utilisé que par une personne du sexe féminin selon les marqueurs génétiques prélevés suite à sa découverte.

15. Gaz révélateur : Très efficace pour révéler les Humeurs récalcitrantes.

16. Globe illustrant « L’extraction d’une larmes » : Pièce unique restaurée. Retrouvée dans le fond d’une armoire de la salle de billard, probablement utilisé lors de séances de jeux du Garçon.

17. Amalgameurs : Humeurs Optimistes / Humeurs Pessimistes contenant chacun une pipette de prélèvement et un mélangeur : Outil permettant d’inclure une certaine subtilité dans la transcription des détails de caractères de personnages.

18. Globe contenant des Repentirs ainsi qu’une aiguille à suture : Outil permettant la réparation, laisse toujours la trace du changement.

19. Émetteur Thymoanaleptique : Exalteur, stimulateur des humeurs ponctionnées.

20. Passeurs synaptiques : Les différents formats permettant une meilleure décoction.

21. Refroidisseur d’Humeurs : Outil permettant une meilleure objectivité.

22. Neuromédiateur : Il participe à la transformation des humeurs à l’état émotionnelle infusée.

23. Décanteurs : Aère l’humeur avant tout autre traitement.

24. Mortiers à culpabilité / à Remords : Certaines Humeurs malgré le filtre et les décanteurs nécessitent un passage au mortier.

25. Endivinateur : Endoscope portable de la nature Humaine et de ses secrets inavouables.

26. Filtre Humorale ou filtre à Humeurs.

27. Récolteurs : En l’occurrence action de recueillir l’humeur une fois toutes les étapes franchies. Cf. Émetteur Thymoanaleptique, passeurs synaptiques, refroidisseur, neuromédiateur…

28. Élixir de népenthès : Il est à noter l’extrême rareté, de l’ordre du Mythe, de cette découverte dans un des cartons de notes de G. Flaubert à Croisset. Le terme grec antique désigne un remède contre la tristesse. À utiliser en micro-dose car son pouvoir de concentration aurait plongé son utilisateur dans de dramatique crise d’apoplexie…

Nota Bene à l’intention du visiteur

Dictionnaire des idées reçues, G. Flaubert.

Humeurs : se réjouir quand elle sort, et s’étonner que le corps humain puisse en contenir de si grandes quantités.

Longtemps resté secret dans le fond des cartons des multiples notes prises par Flaubert lors de ses recherches et de ses voyages, nous avons reconstitué les expérimentations de ce dernier. Fort de l’influence paternel et fraternel, il est à penser que Flaubert avait une grande sensibilité et par la même l’obsession de la qualité des retranscriptions de la nature Humaine ; le mettant par là même sur une approche scientifique des états d’Humeurs provoquées par sa création.
Plans et prises de notes, ainsi qu’objets reconstitués aujourd’hui sous le nom de Laboratoire des Humeurs et des Larmes apportent un nouvel éclairage sur la personnalité de Gustave Flaubert.

« Ma vie est un rouage monté qui tourne régulièrement. Mon organisation est un système. Je suis un homme plume. Je sens par elle, à cause d’elle, par rapport à elle, et beaucoup plus avec elle. »

Lettre à Louise Colet

Nous n’avons pu reconstituer à l’exact certaines pièces, pour cause de ratures et perte due aux multiples manipulations des archives, mais avons tenté d’être au plus près de tous les éléments indiqués dans les notes et plans retrouvés ou donnés par sa nièce. Vous nous pardonnerez, nous l’espérons quelques anachronismes.

L’équipe des chercheurs.

« Le Boudoir », à la Maison de l’Université, dans le « Bocal », installation de dessins scénographiés.

Avril 2015

À mon sens, le dessin et l’écriture s’inscrivent dans une mécanique de création artistique similaire. Tous deux procèdent d’une élaboration mentale avant la mise à plat : recherche en amont du sujet ou de la préoccupation thématique, plan ou organisation du déroulement, brouillon, esquisses, accumulation d’essais ou de notes, références, questionnement, action et déroulement du geste : s’engouffrer, se tapir à l’intérieur de soi, s’isoler pour parvenir à extirper la pensée, l’histoire, la trame…
De la page blanche, il faut partir d’une sensation ou une idée pour arriver à la confrontation au public, à la critique… s’exposer, prendre le risque ?
Cependant, l’écrivain possède le pouvoir des mots, en quelques descriptions, en quelques phrases ou quelques pages, la scène est plantée, le caractère tracé et défini dans toute sa complexité humaine. Le lecteur y prend ce qu’il a envie de prendre, ce dont il a besoin, ce qu’il peut comprendre y adjoint son interprétation. Chacun recrée par la suite des nuances, des souvenirs, voire des odeurs et des sons, à l’évocation de tel ou tel livre, roman, recueil.
L’artiste, le peintre, le plasticien, lui agit dans un cadre : la toile, la feuille, un espace. Il conditionne, donne sa version, sa vérité. Il joue avec son interprétation ou celle qui lui a été transmise.
À 15 ans, on m’a donné à lire Madame Bovary de Flaubert. Vague souvenir nauséeux d’une lecture imposée, se passant à une époque lointaine, avec pour héroïne une hystérique épousant un balourd, le trompant avec un mufle et ensuite un puceau. Interprétation ancrée dans la tête d’une adolescente pleine de convictions.
En 2013, je reprends ma lecture de Madame Bovary. Que s’est-il passé ? J’ai 37 ans, je comprends Emma, je me retrouve en elle, ou bien je la rejette au gré des chapitres. Elle fait partie de moi…
De manière intempestive, Flaubert réussit à mes yeux à décrire les états successifs et paradoxaux d’une femme, il pousse à l’excès les descriptions des changements hormonaux qu’il a déguisés en états d’âme : la frustration, l’envie, le désir, l’amour, l’aveuglement, la mort…

Interprétation d’une interprétation.

Au défi maintenant de traduire, d’écrire visuellement, l’idée, les images que m’évoque une des versions féminines littéraires patrimonial, non ? Après s’être laissée pénétrer par Emma, il s’agit d’entrer dans son intimité, voire dans sa chair, de tenter de suivre les méandres de son flux nerveux, la palpitation de son cœur facile à l’émoi.
J’ai été tentée d’appeler ces dessins scénarisés, « L’autopsie d’Emma », car c’est un peu ce que je vais faire… Mais j’entends souvent les froufrous d’Emma quand j’ouvre le livre, mon ouïe aura choisi « Le Boudoir » pour les secrets du cœur que chacune garde en elle.

Jennifer Mackay
Novembre 2014

« Corpsetait », Alcôve Jardin d’Albane et Cathédrale Notre-Dame de Rouen

La demande d'autorisation d'exposer cette œuvre ayant été refusée par la DRAC, vous pourrez tout de même la découvrir dans la vitrine de l'atelier de l'artiste, au 160 rue Beauvoisine.

« – Où Monsieur va-t-il ? demanda le cocher.
– Où vous voudrez ! dit Léon poussant Emma dans la voiture.
Et la lourde machine se mit en route.
Elle descendit la rue Grand-Pont, traversa la place des Arts, le quai Napoléon, le pont Neuf et s’arrêta court devant la statue de Pierre Corneille.
– Continuez ! fit une voix qui sortait de l’intérieur. […]
Elle revint ; et alors, sans parti pris de direction, au hasard, elle vagabonda. On la vit à Saint-Pol, à Lescure, au Mont Gargan, à la Rouge-Mare, et place du Gaillard-Bois ; rue Maladrerie, rue Dinanderie, devant Saint-Romain, Saint-Vivien, Saint-Maclou, Saint-Nicaise, – devant la douane, –  à la basse vieille-Tour, aux trois-Pipes et au cimetière monumental. […]
Une fois, au milieu du jour, en pleine campagne, au moment où le soleil dardait le plus fort contre les vieilles lanternes argentées, une main nue passa sous les rideaux de toile jaune et jeta des déchirures de papier qui se dispersèrent au vent et s’abattirent plus loin, comme des papillons blancs, sur un champ de trèfles rouges tout en fleur. »
 
Ou Flaubert et la censure… Pourtant rien n’est décrit, une main languissante pendue à la porte du fiacre, pour unique référence à l’ébullition des sens d’Emma et de Léon. Quoique les allers et venues du fiacre laissent à l’imagination beaucoup de possibilités…
Le garde Suisse a pourtant bien essayé de les retenir, pour d’autres raisons que la morale, certes, mais quand même ! Ce dernier, finalement, provoquera de manière encore plus aiguë le délaçage adultère.
Emma, précédemment décrite comme un bruissement d’étoffe à mon oreille, (mais également aux oreilles de Léon : « Mais un froufrou de soie sur les dalles, […] c’était elle ! » prend à travers le « Corpsetait » toute sa valeur symbolique de la Femme dans ses paradoxes et sa pure nature charnelle. Entre culpabilité et assouvissement, elle fuit tout en marquant sa destinée : elle n’est plus qu’un cœur écartelé par ses rêves.
Pour l’anecdote, le corset fut réellement fabriqué rue Grand-Pont. Un corset de maintien ressemblant plus à une entrave totale de tout mouvement et de toute féminité, il brille à mes yeux d’une charge carnassière et sensuelle, quel plaisir cela devait être d’enlever cet objet de constriction. Il était évident qu’un cœur avait régulièrement battu dans son sein… Un rien fétichiste.
Le cœur m’est apparu dans les plis d’une chemise de nuit couleur chair, froissée, flétrie de ne plus être une seconde peau. Emma, je t’effleure presque.
Les fils roses fixés au cœur et s’étirant à travers l’alcôve, illustrent à la fois le parcours sans fin des deux amants ainsi que l’éparpillement de la raison (morale ?) d’Emma.

« Têtes 2015 », Rue Eau-de-Robec et devant le lycée Corneille

« J’avais cru que je trouverais en toi moins de personnalité féminine, une conception plus universelle de la vie, mais non le cœur, ce pauvre cœur, ce charmant cœur avec ses éternelles grâces, est toujours là, mêmes chez les plus hautes… Je voudrais faire de toi quelque chose de tout à fait à part, ni ami ni maîtresse, cela est trop restreint, trop exclusif, on n’aime pas assez son ami, on est trop bête avec sa maîtresse. »

À Louise Colet, avril 1854

Flaubert et les femmes ? Après tout, il m’est toujours apparu comme un grand et fier célibataire, ayant dans sa solitude d’homme de lettres des amitiés masculines très fortes… N’y a-t-il pas eu quelques études psychanalytiques traitant du complexe d’Œdipe se rattachant à Flaubert ?
La postérité a le grand défaut de dévoiler l’intimité de nos personnages patrimoniaux. Flaubert a tant aimé écrire qu’il nous laisse une multitude de témoignages pour théoriser sur sa réelle personnalité et intimité. En témoigne la correspondance avec Louise Colet. Et par là même une grande possibilité d’arguments et de prétextes à la création plastique…
Les « Têtes » sont un prétexte à la vision souvent fantasmée et insaisissable de Flaubert face aux femmes. On peut penser qu’il les comprenait assez bien, pour son époque en tout cas, mais que leur nature profondément terrienne, cyclique et passionnée devait être une gageure à son idéalisation.
 
Les femmes ont toujours plus tenue la place d’une femme rêvée. Dans la réalité, il semble que son amour ait besoin de la distance, d’une idéalisation par l’espace qui ne diffère pas en nature d’une idéalisation par la mémoire. Distance embellie par les lettres qui devient un nouveau prétexte à écrire.
Assez égoïstement, cet amour à distance était tout à fait au goût de Flaubert car, de loin, il pouvait prendre de Louise le meilleur de l’amour, la rêver et la désirer… et ainsi nourrir sa cérébralité, et nourrir ses observations littéraires.
Une douzaines de « Têtes » suspendues, vides et moulées dans de vieux torchons de lin comme des coquilles vides… Car si l’on enlève à une femme son « cœur », que reste-t-il ? (La question marche tout aussi bien au masculin !)
Bien sûr, l’époque de Flaubert avait une vision très patriarcale de la place des Femmes dans la société et elles-mêmes jouaient le jeu des têtes folles et froufroutantes tout en usant de calculs plus ou moins avouables…. Y a-t-il beaucoup de différences aujourd’hui ?
Voici donc ma réponse toute personnelle à Flaubert, des profils de femmes évidés, en suspension telle une vision fantomatique. Les empreintes laissées par ses lignes manuscrites à Louise, hypothétiques déclarations d’amour comme des souhaits chimériques de ce qu’aurait pu être leur relation…

Jennifer Mackay
Novembre 2014


Lieux du parcours

1. Musée Flaubert et d’histoire de la médecine

 « Masque protecteur d’humeurs »
Entrée du musée encadrée de deux masques en lin, imperméabilisés, reliés par des fils cernés de laine rouge.

3. Cathédrale

« Corpsetait »
La demande d'autorisation d'exposer cette œuvre ayant été refusée par la DRAC, vous pourrez tout de même la découvrir dans la vitrine de l'atelier de l'artiste, au 160 rue Beauvoisine.
Manipulation et transformation d’un corset dénommé « Sangles en mains croisées » provenant de chez Caviro candau corsets situé rue Grand-Pont depuis 1826. Chemise de nuit couleur chair, dénichée chez Marie et Joseph Trotta, rue Beauvoisine. 20 heures de travail brut, du patron au montage final, 400 mètres de fil rose, 2 heures de contemplation et de filage de perles à agencer sur le cœur, 5 piqûres saignantes d’aiguille au pouce et à l’index, 2 taches de sang dans un revers du corset…

5. Rue Eau-de-Robec

« Têtes 2015 »
Suspensions dans les arbres, 8 heures par tête (moulage, cerclage fil de fer, filage), 5 torchons lin et coton, 400 mètres de fil polyester rouge, 1500 mètres de fil de laine rouge.
Remerciements aux deux mains, au flegme et à la bonne humeur de Léonard Coustham, élève aux Beaux-Arts de Rouen en stage à l’atelier pendant la réalisation des « Têtes ».

6. Lycée Pierre Corneille

« Têtes 2015 »
Suspensions dans les arbres, 8 heures par tête (moulage, cerclage fil de fer, filage), 5 torchons lin et coton, 400 mètres de fil polyester rouge, 1500 mètres de fil de laine rouge.
Remerciements aux deux mains, au flegme et à la bonne humeur de Léonard Coustham, élève aux Beaux-Arts de Rouen en stage à l’atelier pendant la réalisation des « Têtes ».

Du campus à la cité (campus des Lettres et Sciences Humaines de Mont-Saint-Aignan)

« Le boudoir d’Emma »
Dans le « bocal » de la Maison de l’Université, installation de dessins scénographiés.