Flaubert dans la ville

Regards d’artistes sur Flaubert

Samedi 30 mai 2015, 9h30
Regards d’artistes sur Flaubert

Hôtel des sociétés savantes, 190 rue Beauvoisine, Rouen

Rencontre organisée par l’Association des Amis de Flaubert et Maupassant en partenariat avec le laboratoire CÉRÉdI, Université de Rouen.

Programme de la journée

Ouverture de la journée « Regards d’artistes sur Flaubert »

9h30-10h – « Jamais, moi vivant, on ne m’illustrera... ». Flaubert dans la ville, Entre réception créatrice et création réceptrice, Sandra Glatigny

10h-10h30 – « Détails et orientalisme dans Salammbô, de Flaubert à Mucha », Érika Wicky

10h30-11h  – « Sherrie Levine, copiste de Flaubert ? », Camille Debrabant
Figure majeure de la scène artistique américaine des années 1980, Sherrie Levine a attaché son nom au mouvement de l’« Appropriation Art ». Par des méthodes variées d’appropriation exploitant les stratégies de répétition, de reproduction, de sérialité et de reprographie, elle s’empare d’emblèmes de la modernité picturale, photographique ou littéraire. Après s’être saisie d’Edward Weston ou de Walker Evans, elle étend ainsi son répertoire pour revisiter la peinture de Malevitch, Miró ou Schiele jusqu’à oser se confronter au ready-made, Marcel Duchamp.
La fréquentation de Flaubert par Levine date de 1982, à l’époque de ses premiers Statements, dans lesquels elle élabore sa réflexion sur le rôle de l’artiste à travers de larges fragments plagiés sur La Mort de l’auteur de Barthes. Entre 1985 et 2004, elle s’intéresse à deux reprises à l’une des dernières œuvres de Flaubert, Un cœur simple. Après avoir scrupuleusement recopié la nouvelle, publiée sous le titre A simple Heart (After Gustave Flaubert) en 1985, elle réalise en 2004 une édition de douze bronzes à l’effigie d’un perroquet et titre l’installation Loulou, du nom du protégé de Félicité.
Après une remise en contexte précise de la production de Levine au sein du paysage théorique et artistique du postmodernisme, la communication examinera les enjeux soulevés par ses reprises de Flaubert. Il s’agira non seulement d’interroger la forme multiple – écrite ou plastique − de ces appropriations, mais également de les articuler avec la réflexion développée par l’écrivain sur la problématique de la copie et de la création.

11h-11h30 – « Flaubert en ses couleurs », Hastaire : présentation de son travail de peintre

11h30-12h – « Évocations de Flaubert en 9 portraits en terre cuite, 2003 », Francine Mauger

14h-17h – Parcours restreint : Flaubert dans la ville
Commencé Place des Carmes, nous remonterons la rue Beauvoisine :

  • Arrêt au 160 à l’Atelier de Jennifer MacKay : « Le corpssetait »
  • Muséum d’histoire naturelle : Bénédicte Percheron nous commentera l’exposition qu’elle a préparée sur Flaubert et le Muséum.

Puis nous nous rendrons près de la Bibliothèque municipale de Rouen, au Palais de Justice et nous finirons par l’exposition au Musée Flaubert.

Les intervenants présents (par ordre alphabétique)

Camille Debrabant : Docteur de l’université Paris I en histoire de l’art contemporain, elle a consacré ses recherches de thèse au sort théorique réservé à la peinture à l’ère du postmodernisme entre 1962 et 1989. Successivement chargée de cours aux Beaux-arts de Paris, à l’université de Lille III et à l’École nationale de la statistique et de l’analyse de l’Information de Rennes, elle a également assuré la fonction de professeur remplaçant à l’école des Beaux-arts d’Angers et collabore actuellement à la rédaction d’une chronologie de l’art du XXe siècle pour le Centre George Pompidou. Chercheur associé à l’Hicsa (Paris I-Panthéon Sorbonne), elle développe aujourd’hui ses champs de recherche autour de la notion de medium, des relations entre la photographie et la peinture et des rapports entre les discours historiographiques et les pratiques artistiques. Elle est l’auteur de Sur Sherrie Levine, La peinture à l'épreuve du postmodernisme : États-Unis - Europe, 1962-1989.

 

 

Chercheur associé au CÉRÉdI, docteur en littérature comparée, Sandra Glatigny est professeur agrégé des lettres modernes. Elle a publié notamment Gérard de Nerval : mythe et lyrisme dans l’œuvre mais ses recherches portent plus largement sur le lyrisme au XIXe siècle, son statut générique et son rapport avec les classifications littéraires et artistiques. Ses dernières publications et communications explorent l’hypothèse d’un lyrisme transgénérique issu du dialogue entre les différentes disciplines artistiques.
 
 
 


Né à Paris en 1946, Hastaire est peintre, essayiste, poète et photographe. Il compte plusieurs centaines d’expositions personnelles et collectives en différents espaces (galeries, musées, centres d’art contemporain) en Europe, USA, Canada, Japon ou en Corée : Palais de Tokyo, FEMIS (Paris), Musée Goya (Castres), Musée Rimbaud / Musée de l’Ardenne, Musée d’Art contemporain de Dunkerque, Paris-Séoul, France / Japon, La Galerie (Oslo), L’Embarcadère (Montceau), Galerie Meyer Le Bihan (Paris, 2004, 2006, 2009), Transgressions Renoma (Paris, 2006), Shanghai (Pavillon français, rétrospective 2010). Son œuvre est également présente ou a été présentée dans la plupart des foires d’art internationales. (www.hastaire.com). Il est l’auteur de Flaubert en ses couleurs, publié en 2008.

 

Francine Mauger, plasticienne, Évocations de Flaubert en 9 portraits en terre cuite, 2003
Madame Francine Mauger, ancienne institutrice puis directrice de l’École Annexe de l’École normale de filles de Rouen, fait du modelage pour son plaisir personnel. Elle modèle surtout des Amis. Elle a réalisé en 2003 neuf modelages évoquant Flaubert, non pas des portraits réalistes, mais des figures exprimant son caractère et sa vie intérieure. Ils ont été offerts à la ville de Canteleu, où ils sont exposés à la médiathèque. Pour l’occasion, ils seront présentés à l’Hôtel des Sociétés savantes et commentés par leur auteur.

 

Docteure en histoire de l’art (Université de Montréal, 2011), Érika Wicky est actuellement postdoctorante à l’université Rennes 2 (CELLAM) où elle poursuit ses recherches consacrées aux écrits du XIXe siècle sur l’art et sur la photographie. Un ouvrage tiré de sa thèse intitulé Les Paradoxes du détail : voir, savoir, représenter à l’ère de la photographie vient de paraître aux Presses universitaires de Rennes (coll. AEsthetica). Elle a co-dirigé plusieurs collectifs dont Le Corps dans l’histoire et les histoires du corps, précédé d’entretiens avec Georges Vigarello (Hermann, 2013) et La Physiognomonie au XIXe siècle : transpositions esthétiques et médiatiques (Études françaises, 2013).