Flaubert dans la ville

Céline Tanguy, artiste plasticienne

Céline Tanguy

Née en 1969 à Auxerre, Céline Tanguy grandit avec la passion du dessin. Bientôt titulaire d’une licence d’arts plastiques, elle enseigne et organise des ateliers créatifs pour personnes déficientes mentales ou personnes âgées. Parallèlement, elle travaille avec la compagnie des lumières pour laquelle elle crée plusieurs décors de théâtre. Depuis deux ans, elle a repris une formation en art-thérapie et développe ses projets personnels autour du modelage et de la sculpture.

« L’échappée belle »

Elle propose une sculpture en écho aux rêves de Charles : « un portrait de femme enfermée dans sa position d’épouse passive… Une femme qui n’a finalement jamais quitté ses rêves de princesse ? Une femme qui ne supportant plus l’ennui s’est enfuie, échappée du cadre, consumée par sa passion, son rêve de bonheur préfabriqué ? Portrait de femme, sa place, ses rêves… »


 
« L’idée dans ce projet, c’est la trace, les souvenirs qui demeurent de cette lecture effectuée il y a 25 ans, lors de mon adolescence… Comment a survécu cette histoire, qu’en reste- t-il ? Qu’ai-je occulté ou gardé ? Quelle transformation s’est opérée entre le temps réel de lecture et aujourd’hui ? La mémoire… A-t-elle comme le rêve fait son travail et opéré une lente métamorphose des événements de l’histoire ?
La sculpture va se construire sur la base de ces souvenirs personnels : des images fugitives, des mots… pour prendre la forme d’un visage, endormi, rêveur, celui d’Emma Bovary, mais peut-être aussi celui d’une femme simplement ? Emma Bovary, était-ce une femme qui tentait désespérément de s’échapper du carcan des traditions, refusant l’enfermement dans un rôle déterminé d’épouse passive, pour vivre son bonheur ? Était-ce une femme enfant, qui n’a jamais eu l’envie de délaisser ses rêves de petite fille, ou bien encore, une femme qui ne supportant plus l’ennui, finira par se noyer dans ce breuvage d’amour impossible, morceaux de rêves mortels ?
Cette sculpture abritera une installation, elle donnera à voir les impressions, l’atmosphère que je garde de cette lecture passée, sous forme de présentation d’objets, plus ou moins bien éclairés. Un voile, il s’envole…voile d’une fenêtre ouverte, drap sensuel d’une nuit d’adultère, drap, tissus divers pouvant évoquer la féminité, l’envol vers un désir de liberté. À l’intérieur, une chaussure, objet réel trempé dans la couleur rouge, féminité, évocation au conte, à l’enfance, au rêve de princesse… Un collier, objet féminin, l’objet qui s’offre de génération en génération, objet de la lignée des femmes, ici rompu, comme une rupture des traditions, une recherche manquée de solutions nouvelles… Une brosse à cheveux avec du fil emmêlé, un verre avec à l’intérieur une mouche, celui-ci sera éclairé avec une lumière solaire afin de créer une ombre projeté sur l’intérieur de la tête.
Quels sont les échos de ces souvenirs ? Des interrogations s’éveillent, la femme, ses rêves, son rôle ? Traditions, ou enfermement ? L’amour, la vie, la réalité. Cela donnera lieu à l’écriture d’un texte, une bande sonore, sorte de murmure intérieur, adressé aux passants, dans un dialogue intime. Ce texte se composera des souvenirs de l’histoire, des images ou impressions mêlées, à des parties du texte de Flaubert. Il laissera peut-être ainsi jaillir des pensées ou des réflexions sur notre vie, aujourd’hui. »

Matériaux choisis

Sculpture de grande taille faite de papier mâché vernis, intégration d’objets réels (chaussure, drap…) colle à papier peint / vernis marin / grillage / plâtre / argile (perle) / lumière solaire / enregistreur électronique / divers (pattes métalliques, visses, clou barres métalliques… toile de verre, tuyau en plastiques…
Création lumière : Sylvain Girves
Création Sonore : Marike Gilles
Mise en voix du texte de Céline Tanguy par Céline Tanguy et Pierre Legrand (G. Flaubert)
Support logistique : Simon Hagnere

Cliquez sur le lecteur audio ci-dessous pour écouter la bande sonore jointe à l'œuvre de Céline Tanguy


Lieu du parcours

5. Rue Eau-de-Robec

« L’échappée belle »
Sculpture en grillage, papier mâché, enduit d’extérieur, recouverte d’un vernis hydrofuge.